SwissSkills 2018: Pleins feux sur le système d’apprentissage helvétique

Les meilleurs apprentis de Suisse viennent de se mesurer lors de la seconde édition des championnats des métiers. L’occasion de redorer le blason d’une filière professionnelle encore trop souvent dévalorisée.

Une jeune femme répare la roue d’un vélo lors des SwissSkills 2014.

Le système d’apprentissage suisse est renommé dans le monde entier. Des délégations étrangères viennent régulièrement s’inspirer de ce modèle qui mêle théorie et formation pratique en entreprise. Pourtant, la filière continue à être considérée comme un «plan B» derrière les études supérieures, en particulier en Suisse romande et au Tessin. Le concours SwissSkills, dont la deuxième édition a eu lieu du 12 au 16 septembre, a pour but de corriger cela. 

Pendant quatre jours, les meilleurs apprentis suisses se sont mesurés les uns aux autres pour faire l’étalage de leur passion, de leur talent et pour présenter aux visiteurs une partie des métiers accessibles par l’apprentissage. Pas moins de 75 professions ont donné lieu à une compétition, tandis que 60 autres ont fait l’objet d’une démonstration. Au total, 900 apprentis de 17 à 19 ans ont participé à la manifestation. Trois d’entre eux nous ont confié leurs motivations au quotidien.

"Mon amour de l’informatique rend ce métier facile"

Alex Boschetto, 19 ans, informaticien spécialisé en technique des systèmes, Tessin

Alex Boschetto

Passionné d’informatique depuis son enfance, Alex Boschetto n’a pas eu à chercher longtemps avant de se décider pour un métier. Quant à la voie de l’apprentissage, c’était une évidence. "Pour moi, c’est un système optimal, j’aime le fait que l’accent soit mis sur la pratique et pas seulement sur la théorie." 

Le jeune homme, qui a terminé cet été son apprentissage d’informaticien spécialisé en technique des systèmes dans l’entreprise pharmaceutique tessinoise Cerbios-Pharma, n’a pas renoncé aux études pour autant. Il a réalisé une maturité professionnelle en parallèle de sa formation et entreprendra cet automne un bachelor en ingénierie informatique à l’Université du Tessin, tout en poursuivant à 70% chez son employeur. 

De tous les volets que comprend son travail, le Tessinois aime particulièrement celui du développement web. "J’apprécie le côté créatif et le fait qu’on voie directement le résultat." Avoir choisi un domaine professionnel en constante évolution est pour lui source de fierté. "Mes amis perçoivent mon métier comme difficile, mais comme je voue un véritable amour à l’informatique, cela me semble presque facile."

"J’aime la technique et les défis mécaniques"

Oona Gygax, 19 ans, mécanicienne en cycles, Berne

Oona Gygax

C’est la mécanique sur cycles qui a choisi Oona Gygax plutôt que le contraire. A la base, la jeune femme se destinait plutôt à une école de design. «Lors de l’année préparatoire, je me suis rendu compte que les métiers du domaine impliquaient surtout du numérique, alors que ce qui me plaît c’est l’analogique», explique-t-elle. 

Elle repense alors à la mécanique sur cycles, à laquelle elle avait pu s’initier durant l’école obligatoire. "L’aspect technique m’avait bien plu", dit-elle. La native de Winterthour, qui considérait jusqu’alors le vélo uniquement comme un moyen de transport, décide d’en faire son métier et travaille désormais pour le magasin Velokurierladen à Berne. 

Ce virage professionnel lui convient parfaitement. "J’aime le contact avec les clients et le défi de devoir trouver moi-même une solution à leurs soucis mécaniques." Ses amis viennent régulièrement à l’atelier lorsqu’ils ont besoin d’une réparation. "Ils trouvent que j’ai un métier super. Pourtant, peu de monde sait que la mécanique sur cycles est une profession à part entière."

"Voir défiler mes tenues me rend fier"

Guillaume Karlen, 19 ans, créateur de vêtements, Valais

Guillaume Karlen

La couture s’est imposée très tôt à Guillaume Karlen. "Mes grands-parents m’avaient offert une machine à coudre, et vers 10 ans j’ai réalisé des sacs en feutrine pour toute la famille", raconte le Valaisan de 19 ans. Il a toutefois hésité avec l’architecture et les assurances, avant de débuter un apprentissage de créateur de vêtements à l’Ecole de couture de Sierre. 

Actuellement, le jeune créateur qui occupe un poste à mi-temps dans un magasin de vêtements, travaille au lancement de son atelier de couture et sur une collection à présenter en novembre à la Fashion Fair de Lausanne. "Voir défiler mes tenues est ce qui me rend le plus fier, confie-t-il. On sait tout le travail qu’il y a derrière, et soudain, on voit le résultat." 

Le jeune homme apprécie de "créer le vêtement de A à Z", avec les défis techniques et la créativité que cela implique. Si, plus jeune, il lui est arrivé de se sentir "très mal à l’aise en tant qu’homme dans un magasin de tissus ", il en ressent maintenant de la "fierté ". C’est d’ailleurs l’une de ses motivations pour les SwissSkills. "Je vais peut-être donner de l’espoir à un petit garçon qui aimerait faire de la couture mais n’ose pas. Pour moi, il est important de faire passer le message que c’est aussi pour les garçons."


Informations

Sur le thème

L’apprentissage en Suisse, quelques chiffres

Près de 40% des entreprises ayant la capacité de former des jeunes offrent des places d’apprentissage.

500 millions de francs suisses ont été gagnés par les entreprises formatrices si l’on calcule le rapport entre coûts de formation et productivité de l’apprenti.

230 formations différentes existent en Suisse.

2/3 des jeunes optent pour un apprentissage à la fin de leur scolarité.

62’268 certificats fédéraux de capacité (CFC) décernés en 2017, dont 46% à des femmes et 54% à des hommes.

14’280 jeunes ont poursuivi en 2017 un apprentissage d’employé de commerce. Il s’agit de la formation la plus fréquemment choisie, devant gestionnaire du commerce de détail (4983) et assistant en soins et santé communautaire (4563). 

Sources: "La formation professionnelle en Suisse, Faits et chiffres 2018" (SEFRI, 2018); Statistique de la formation professionnelle initiale (OFS, 2018).

Dernière modification 03.10.2018

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