Recrutement: les nouvelles opportunités du Web

De plus en plus d’entreprises misent sur Internet pour trouver de nouveaux collaborateurs. Des sites d’offres d’emploi aux réseaux sociaux, en passant par les portails spécialisés: zoom sur une pratique en pleine évolution.

Une femme travaille sur son ordinateur à son bureau.

"Pour plus de 90% des Suisses, rechercher un emploi passe par Internet", estime Matthias Mölleney, directeur du Centre des ressources humaines à la Haute école d'économie de Zurich. Dans ce contexte, les entreprises n'ont d'autre choix que d'utiliser le Web pour engager du personnel. Comment trouvent-elles la perle rare qui occupera un poste vacant?

"Tout dépend du type de poste, mais je publie généralement les annonces en parallèle sur différentes bourses d'emploi en ligne", explique Joëlle Rossier, directrice d'un cabinet de recrutement dans la région lémanique. Alors que le personnel qualifié se raréfie, les recruteurs n'hésitent pas à explorer toutes les possibilités offertes. Jobs.ch, Monster.ch, Jobup.ch: ils exploitent souvent les sites d'offres d'emploi les plus fréquentés. Patricia Aebi, responsable du marketing et de la communication de Careerplus, un groupe spécialisé dans le placement de personnel, confirme le caractère incontournable de cette pratique: "Nous postons nos offres d'emploi avant tout sur nos propres sites, mais intervenons activement sur les portails Web d'emploi les plus importants grâce à la multi-diffusion d'annonces."

Parallèlement aux sites généralistes, on assiste depuis quelques années à l'éclosion de sites voulant se démarquer en se spécialisant dans des domaines précis. A l'instar de Jobwatch.ch, qui cible le secteur de l'horlogerie, ou Experteer.ch, qui vise le segment des cadres supérieurs. Responsable des ressources humaines au sein d'une entreprise horlogère vaudoise, Claude-Alain Berthoud se sert uniquement de Jobwatch.ch pour trouver de nouveaux talents. "Notre secteur est très pointu, souligne l'expert. Sur un site généraliste, la consultation de nos annonces est de deux tiers inférieure à celle sur un site spécialisé. Avec un portail horloger, nous sommes certains de cibler les bonnes personnes."

Toutefois, l'utilisation de cette option reste encore limitée. Patricia Aebi, du groupe Careerplus, affirme intervenir de manière plus ponctuelle sur les portails spécialisés. "Nous avons en principe de bons retours sur les portails d'emplois généralistes", précise-t-elle. Ainsi, selon Matthias Mölleney, deux solutions se dessinent pour l'avenir: "Soit une multitude de nouveaux sites spécialisés vont émerger, soit les grands sites vont se fragmenter en sous-sections mieux adaptées à des domaines précis."

Par ailleurs, le spécialiste observe l'utilisation croissante des réseaux sociaux professionnels du type de LinkedIn ou de Xing pour la recherche d'emploi. Les internautes y postent leur CV. Les recruteurs, de leur côté, peuvent les consulter afin de dénicher le candidat idéal. "C'est un phénomène très nouveau, poursuit Matthias Mölleney. Les responsables des ressources humaines se transforment en véritables chasseurs de têtes. La carence actuelle de personnel qualifié va inévitablement prendre de l'ampleur et accentuer ce phénomène." Selon les prévisions, la Suisse subira une pénurie de 400'000 employés qualifiés d'ici quelques années. "C'est énorme, souligne l'expert. Bien sûr, certaines entreprises connues continueront d'être submergées par les candidatures. Mais pour les autres, c'est un réel problème. Je conseille aux responsables des ressources humaines de suivre un cours de marketing, car ils vont devoir apprendre à vendre les qualités de leur entreprise auprès d'éventuels candidats."

Les annonces papier ont-elles encore un rôle à jouer en dépit de ces avancées technologiques fulgurantes? Selon une étude de Monster Indice Suisse (MIS), en 2010, 20,7% des postes vacants faisaient encore l'objet d'une offre dans un journal, contre 86,8% sur les sites des entreprises et 69,4% sur une bourse d'emploi en ligne. Si les annonces papier deviennent aujourd'hui trop chères pour les plus petites entreprises, celles-ci ne sont pas totalement obsolètes, selon Matthias Mölleney. Ce dernier pense en effet qu'il s'agit d'une affaire de réputation: "Certaines entreprises pensent encore qu'il est important pour l'image de passer également par ce canal." Pourtant, tout semble indiquer qu'en matière de recrutement, l'avenir se dessine sur le Web.


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Les réseaux sociaux du type de LinkedIn, Twitter ou Facebook représentent un grand espoir pour les personnes en recherche de travail. Selon un récent sondage de Kelly Services, près d’un Suisse sur quatre mise sur ce type de plateforme pour avoir accès à des offres d’emploi, alors que jusqu’ici, seules 2% des personnes sondées ont déjà trouvé un travail par ce biais. L’enquête souligne que les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes à utiliser ce type de médias dans leur démarche de recherche. Toutefois, elle ne relève aucune différence générationnelle.

Dernière modification 18.08.2015

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