Moins utiliser Powerpoint pour dynamiser sa présentation

Après avoir régné sur chaque présentation publique ces dernières années, Powerpoint pourrait-il être détrôné par le bon vieux flip chart? Considéré comme mal utilisé et ennuyeux, le logiciel informatique n’est pas toujours le plus efficace. Eclairage et conseils.

Dans une salle de réunion, deux tableaux de présentation affichent des inscriptions.

Depuis une petite génération, le logiciel Powerpoint semble régner en maître sur les conférences et séminaires. Slide après slide, les auditeurs croulent sous les données de toutes sortes. Un phénomène montré du doigt voilà quelques années par l'Américain Edward Tufte, auteur de l'essai "Powerpoint is Evil" (Powerpoint est diabolique). "Ce genre de présentation privilégie la forme au détriment du contenu, trahissant une attitude mercantile qui transforme tout en argument de vente", relève le professeur de statistiques à l'Université de Yale.

"Les gens l'utilisent souvent par imitation", explique Matthias Poehm, speech coach dans la région de Zurich et fondateur du Parti Anti Powerpoint en Suisse. "Si l'on calcule le coût de tous les employés qui perdent leur temps pendant ces présentations trop longues, ce sont des billions qui partent en fumée." Cette technique, qui est pourtant largement ancrée dans les habitudes des entreprises, est aujourd'hui remise en question.

En effet, les spécialistes s'accordent à constater que Powerpoint est mal ou trop utilisé. Selon Thomas Skipwith, coach pour conférenciers basé en région zurichoise, il est important de trouver la bonne mesure. "Tout dépend du but que l'on doit atteindre, explique-t-il. Mais la règle numéro une est évidemment de ne pas ennuyer son public." Pourquoi un tel ennui? Le spécialiste relève que la plupart des conférenciers écrivent trop de texte sur leurs slides. "A ce moment-là, ce n'est pas une conférence, c'est une lecture! Et je peux lire le texte moi-même... Pas besoin de suivre un séminaire pour ça."

Quelles sont les solutions alternatives? Matthias Poehm est farouchement opposé à toute utilisation de Powerpoint qui est selon lui "une machine sans vie". "Il est impossible de créer du suspense avec cette technique", argumente-t-il. En 15 ans de coaching, l'expert a pu réaliser un certain nombre de tests. Selon ses observations, une conférence réalisée avec un support informatique donne de moins bons résultats que la même présentation s'appuyant sur la technique du flip chart (les fameuses grandes feuilles de papier que l'on retourne sur un trépied). "L'effet d'un discours n'est pas dans le résultat lui-même, mais dans la création du résultat. Avec le flip chart, on crée quelque chose devant les yeux de l'assistance."

Une constatation que partage Thomas Skipwith. "La création est fascinante pour le public. Les gens regardent ça comme s'ils n'avaient jamais vu quelqu'un écrire!" Parallèlement, cette solution oblige le conférencier à bien sélectionner les éléments qu'il souhaite transmettre à son assemblée. Alors que l'on aura tendance à inclure des tableaux compliqués et des graphiques illisibles à sa présentation Powerpoint, le flip chart forcera le public à se focaliser sur les résultats ou les indicateurs essentiels. Le travail de sélection appartient bien sûr au présentateur. Résultat: on évite d'assommer son audience.

"Notre capacité d'attention est de plus en plus courte", prévient Thomas Skipwith. Pour Matthias Poehm, il serait possible de se passer du 95% des chiffres que l'on voit généralement défiler sur les slides Powerpoint. Un conseil donné par le professionnel: "Garder le 5%, et raconter une histoire autour de ces chiffres. Là cela devient intéressant. La présentation durera deux fois moins longtemps et sera plus efficace. Il faut créer quelque chose qui restera gravé dans la mémoire des gens."


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Eviter tout ce qui peut distraire

Outre le fait de conseiller un support écrit adéquat, les experts mettent l’accent sur plusieurs astuces qui donneront une conférence captivante. Dans la manière de raconter, de partager ses expériences ou de regarder le public, mais également dans les habitudes à éliminer. "Il faut éviter tout ce qui peut distraire. Jouer avec le bouchon de son stylo ou bouger sans arrêt empêche les gens de rester concentrés", relève Thomas Skipwith, qui déplore le fait que donner une conférence est trop souvent pris comme une punition. Alors que la démarche représente souvent une réelle opportunité de faire passer un message, convaincre des clients ou mettre son travail en lumière.

Dernière modification 18.08.2015

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