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Les aînés qui lancent leur socciété réussissent mieux que les jeunes. Ils possèdent l’expérience, un réseau étoffé, des capitaux et ils sont libres de charges familiales.
Aux Etats-Unis, de plus en plus de seniors décident de lancer leur entreprise. Selon le Département américain des statistiques du travail, le pourcentage d'indépendants dans la catégorie d'âge comprise entre 55 et 65 ans a augmenté de 33% en 2008. Ils ont largement dépassé le nombre de jeunes entrepreneurs qui se lancent entre 25 et 35 ans. La crise, qui a entraîné des licenciements massifs chez les seniors et a fait fondre leurs épargnes, explique largement ce phénomène. D'autres facteurs, comme l'allongement de la vie en bonne santé et l'envie de se réaliser dans un projet, y participent. Mais ils existent aussi en Suisse, où la situation économique des retraités est évidemment peu comparable à celle des Etats-Unis.
Mathias Rossi, professeur à la Haute Ecole de gestion de Fribourg, est l'auteur de l'unique étude suisse sur l'entrepreneuriat des seniors. Ses recherches ont analysé la période allant de 2005 à 2007: "On est passé de 2,4% d'entrepreneurs seniors en 2005 à 6% en 2007. C'est une augmentation significative", explique-t-il dans PME Magazine. Tout indique que cette croissance s'est poursuivie depuis, d'autant que l'étude de Mathias Rossi a montré que les entreprises des plus de 55 ans possédaient un taux de réussite supérieur à celles créées par les jeunes.
"Les seniors se trouvent souvent dans une excellente position pour créer une entreprise: ils possèdent de l'expérience, un réseau étoffé, des capitaux et sont libérés des charges familiales", poursuit le professeur. Le portrait type de l'entrepreneur senior suisse est un homme disposant d'une formation et d'un revenu supérieur. "Il y a beaucoup moins de femmes, souligne Mathias Rossi. Ces générations de femmes ont été moins actives sur le marché du travail et ne disposent souvent ni de modèles ni d'un réseau étoffé. "
Malgré de bons taux de réussite, les entrepreneurs seniors restent toutefois une minorité en Suisse. "La retraite est encore associée chez nous à la notion de loisir, commente Mathias Rossi. Beaucoup manquent de motivation pour s'investir. " Une situation qui devrait évoluer, selon Xavier Comtesse, directeur d'Avenir Suisse: "L'entrepreneuriat représente une excellente solution pour les 60 ans et plus, car il leur offre indépendance et flexibilité. De toute manière, la vie active va se prolonger dans les années à venir car l'espérance de vie a augmenté de dix ans depuis l'instauration de l'AVS en 1948. C'est énorme... Penser que la situation actuelle peut perdurer est une illusion."
Les seniors rencontrent en effet des obstacles au moment de créer leur entreprise: des difficultés pour obtenir un prêt bancaire, des pièges fiscaux résultant de l'exercice d'une activité lucrative conjointement à une rente, le manque de certaines qualifications ou encore les stéréotypes associés aux personnes âgées, comme le manque de dynamisme ou de maîtrise des technologies. Alors que des structures de soutien pour les entrepreneurs de plus de 60 ans ont été créées ces dernières années aux Etats-Unis et en Angleterre, elles font défaut en Suisse...
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