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Ces métiers bien payés mais boudés par les jeunes

Les stéréotypes sont tenaces au moment du choix d’une filière. Certaines professions sont très convoitées tandis que d’autres peinent à attirer des apprentis. Même si elles offrent des perspectives intéressantes et ont des places disponibles.

Frédéric Bonjour, du groupement suisse de l'industrie mécanique, est amer: "Nous constatons un manque d'intérêt des jeunes pour les métiers techniques. Il faudrait former deux fois plus d'apprentis pour assurer la relève dans les professions comme automaticien ou polymécanicien. Si la pénurie s'aggrave, notre secteur devra renoncer à des commandes ou à certains marchés."

Du côté de l'Association vaudoise des bouchers, Giovanni Giunta dresse un constat similaire: "Nous n'arrivons pas à remplacer les bouchers qui partent à la retraite. Nous ne trouvons plus assez d'apprentis."

Selon un article paru dans le magazine romand PME Magazine, malgré cette situation préoccupante, cette année - comme les précédentes - des milliers de jeunes Suisses resteront sur le carreau et ne trouveront pas de places d'apprentissage. "Il existe une inadéquation entre l'offre et la demande", résume Jean-Richard Margot, en charge de la promotion des métiers à la Fédération vaudoise des entrepreneurs.

Un constat corroboré par une enquête de l'Office d'orientation scolaire vaudois qui indique un décalage entre l'intérêt suscité par certains métiers et le nombre de places offertes: les filières du tertiaire, ainsi que celles du secteur artistique et social, sont les plus sollicitées par les jeunes, alors qu'elles n'offrent pas beaucoup de places de travail. A l'opposé, les professions du bâtiment, mécaniques ou techniques, qui offrent de nombreux emplois sûrs, ont du mal à recruter.

De nombreux professionnels de l'orientation le constatent: il devient de plus en plus difficile de convaincre les jeunes d'accepter des professions manuelles, avec des horaires irréguliers, impliquant de se lever très tôt. Les stéréotypes sexués ont également la vie dure: les filles continuent de ne s'intéresser qu'à un panel très réduit de professions, comme coiffeuse, esthéticienne ou assistante médicale. Quant aux garçons, ils veulent en majorité devenir informaticiens ou concepteurs de jeux vidéo.

Le prestige d'un secteur revêt aussi de l'importance lors du choix d'une profession, notamment auprès des parents, dont l'influence reste prépondérante. "Pour certaines mères, il n'est tout simplement pas question que leur fils devienne menuisier ou mécanicien, même si ses résultats scolaires sont faibles, explique Jean-Daniel Zufferey, président de la conférence suisse des orientateurs professionnels. Il faut contrer cette croyance selon laquelle la réussite passe exclusivement par le secteur tertiaire ou les études universitaires."

Du côté des professions sinistrées, on regrette évidemment ces appréhensions négatives. D'autant plus que la majorité des métiers techniques ou du bâtiment ont évolué et exigent des compétences de plus en plus élevées: "L'informatique prend toujours plus de place, que ce soit dans la menuiserie ou la maçonnerie, considère Jean-Richard Margot. Ce qui joue en notre défaveur, c'est cette image de profession sale et pénible physiquement. Celle d'un bonhomme en salopette qui creuse dans un tas de terre avec une pelle, tel qu'il apparaît sur le panneau officiel des chantiers. Cette représentation ne correspond plus au métier actuel, dont la pénibilité physique a beaucoup diminué avec la technologie."

Des salaires corrects (voir encadré), des perspectives de carrière intéressantes et un travail assuré ne semblent toutefois pas suffisants pour améliorer l'image des métiers mal aimés auprès du public. C'est pourquoi des associations professionnelles ont lancé de grandes campagnes de promotion pour convaincre les jeunes.

"Nous avons investi plus d'un million de francs dans notre site, un clip vidéo et des programmes de stage, raconte Frédéric Bonjour. Résultat: quelques contrats d'apprentissage supplémentaires. La bataille est dure et l'on se demande parfois si ça vaut la peine. Mais l'inaction serait encore plus catastrophique pour notre secteur."

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Dernière mise à jour: 04.11.2009

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